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Meltem de Basile Doganis

Ivan Magrin-Chagnolleau

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Meltem (qui est le nom d’un vent violent en Grèce) est le premier long métrage de fiction de Basile Doganis, à qui l’on doit les deux documentaires On The Edge (2008) et Altérations / Kô Murobushi (2019), ainsi que les deux courts métrages de fiction Le Gardien de son frère (2007) et Journée d’appel (2014).

Meltem raconte le voyage initiatique d’Elena (Daphné Patakia), une jeune fille d’origine grecque vivant en France avec son père. Neuf mois après le décès de sa mère, qui était restée en Grèce, Elena décide d’entreprendre un voyage estival sur l’île de Lesbos, où sa mère vivait avec son nouveau compagnon, Manos (Akis Sakellariou), dans une maison dont elle a maintenant hérité. Elle est venue vendre cette maison, ou tout du moins c’est la raison officielle de son voyage. Elle se fait accompagner par deux amis de l’école d’hôtellerie, Nassim (Rabah Naït Ouffela) et Sekou (Lamine Cissokho).

Ce séjour sur l’île de Lesbos est l’occasion pour Elena de faire son deuil, de faire aussi la paix avec son passé et avec Manos, de découvrir ses sentiments amoureux, et de se confronter au problème des migrants à travers le personnage d’Elyas (Karam Al Kafri), migrant syrien qui vit clandestinement sur l’île, et qui croise régulièrement le chemin des trois amis.

Même si l’intrigue parait à première vue un peu complexe, le film fonctionne à merveille. Cela est dû principalement à la mise en scène, qui reste toujours très près des personnages et qui fait aussi la part belle à l’environnement idyllique de l’île, et au fait que l’histoire est toujours raconté du point de vue d’Elena, ce qui donne une grande unité au film. Le film évite aussi de tomber dans les clichés de ce genre d’histoire, et présente la question des migrants d’une façon profondément humaniste. Le casting est parfait et la direction d’acteurs très bien maîtrisée. La performance de Daphné Patakia et celles de Rabah Naït OUffela et Lamine Cissokho sont remarquables. Et même les rôles un peu plus secondaires de Karam Al Kafri (acteur non professionnel) et d’Akis Sakellariou sont magnifiquement interprétés. Le travail sur l’image de Konstantinos Koukoulios et la musique de Kyriakos Kalaitzidis sont splendides et accompagnent l’histoire en parfaite adéquation.

Une très grande réussite. À voir absolument. On attend le prochain avec impatience !

Réalisateur : Basile Doganis
Producteurs : Denis Carot, Marie Masmonteil, Fenia Cossovitsa
Scénario : Basile Doganis et Fadette Drouard
Photo : Konstantinos Koukoulios
Musique : Kyriakos Kalaitzidis
Montage : Riwanon Le Beller
Son : Simon Apostolou
Interprètes principaux :
Daphné Patakia (Elena)
Rabah Naït Ouffela (Nassim)
Lamine Cissokho (Sekou)
Karam Al Kafri (Elyas)
Akis Sakellariou (Manos)
Féodor Atkine (Edward)


Biographie d’Ivan Magrin-Chagnolleau