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Rétrospective Sergio Leone à la Cinémathèque Française

Ivan Magrin-Chagnolleau

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western

Sergio Leone sur grand écran

Je n’avais encore jamais vu aucun des films de Sergio Leone sur grand écran. Je n’étais pas né lors de leurs sorties ou trop jeune encore pour aller voir le dernier, et je suis passé au travers des différentes rétrospectives estivales ou autres. C’est chose faite ! En effet, la cinémathèque française a décidé de proposer une rétrospective de tous les films de Sergio Leone durant l’automne 2014. Je me suis donc retrouvé à trois reprises dans la salle Henri Langlois, la grande salle de la cinémathèque, qui fait plus de 400 places ! Pour Le Bon, la Brute et le Truand, Il était une fois dans l’Ouest et Il était une fois en Amérique. À chaque fois, la salle était comble. Une salle remplie d’aficionados, de fans. Comment rêver meilleures conditions pour revoir ces grands films ?

Et je dois avouer qu’on ne peut mesurer pleinement le talent de Sergio Leone qu’en voyant ses films sur grand écran. C’est comme si je ne les avais jamais vus avant, comme si je les découvrais pour la première fois.

Prenons par exemple Il était une fois dans l’Ouest. Dès les premières images, on voit trois bandits littéralement occuper petit à petit l’espace d’une gare perdue au fin fond de l’Ouest Américain, avec une multitude de petits détails qui nous campent l’atmosphère lourde de cette scène. Comment ressentir aussi pleinement cette utilisation de l’espace si on ne regarde pas ce film sur grand écran ? Et dès les premières images du film, il y a ce travail du son d’une précision, d’une efficacité redoutable et, bien sûr, la formidable (légendaire ?) partition d’Ennio Morricone, auteur également des musiques des deux autres films.

 À partir de là, de la première à la dernière image du film, on assiste à un véritable feu d’artifice cinématographique. L’image est magnifique, dans ce film comme dans les deux autres. Le travail de Tonino Delli Colli, avec lequel Sergio Leone a collaboré notamment sur ces trois films, mais aussi d’autres grands cinéastes (par exemple Louis Malle dans Lacombe Lucien, Jean-Jacques Annaud dans Le Nom de la Rose, ou encore Roman Polanski dans Lune de Fiel et La jeune Fille et la Mort), est remarquable.

La musique d’Ennio Morricone est sublime : chaque personnage principal a son motif musical dans chacun des trois films, et ces motifs se mélangent parfois. Les thèmes sont magnifiques et les orchestrations splendides. Les films sont portés par des interprètes hors pair : Clint Eastwood dans le rôle du « bon » Blondie, Lee Van Cleef dans le rôle de la « brute » Angel Eyes et Eli Wallach dans le rôle du « truand » Tuco dans Le Bon, la Brute et le Truand ; Claudia Cardinale dans le rôle de Jill McBain, Henry Fonda dans le rôle de Franck, Jason Robards dans le rôle de Cheyenne et Charles Bronson dans le rôle d’Harmonica dans Il était une fois dans l’Ouest ; Robert De Niro dans le rôle de Noodles, James Woods dans le rôle de Max, et Elizabeth McGovern dans le rôle de Deborah dans Il était une fois en Amérique.

Et puis il y a bien sûr la réalisation de Sergio Leone : son utilisation magistrale de l’espace, un modèle du genre ; l’utilisation des zooms pour entrer dans la tête des personnages et de leurs émotions ; l’utilisation des gros plans pour mettre si bien en valeur tous les regards ; etc.

Trois grands films à voir et revoir inlassablement, mais surtout sur grand écran !


Bio d’Ivan Magrin-Chagnolleau