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Trio SR9

Ivan Magrin-Chagnolleau

Un trio pas comme les autres

Ce n’est pas si courant d’assister à un concert de marimba. Alors imaginez le concert d’un trio de marimbas ! Et le pari est totalement réussi. Mais revenons quelques années en arrière. Alexandre Esperet, Nicolas Cousin et Paul Changarnier se rencontrent vers la fin de leurs études au conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon. Ils sont notamment élèves tous les trois dans la classe de Jean Geoffroy, grand marimbiste français, qui a enregistré un disque de morceaux de Bach adaptés pour marimba. C’est donc tout naturellement que ces trois amis, une fois la décision de former leur trio de marimbas, le trio SR9 (pour square root 9, c’est-à-dire racine carrée de 9, qui fait 3 !), décident de consacrer leur premier disque à … Bach. Mais cette fois-ci, ils sont trois. Et ça tombe bien car Bach a écrit de nombreux morceaux pour piano ou orgue où il y a trois voix. Le disque est magnifique, et on se prend à redécouvrir certains morceaux de Bach dans cette interprétation très originale à trois marimbas.

Pour le concert, nous avons été gâté car, outre quelques morceaux de Bach (dont seulement un figure sur le disque), nous avons eu la grande chance d’entendre 3 des 6 morceaux de la Romance sans parole op. 67 de Félix Mendelssohn, une œuvre magnifique écrite pour piano qui se situe au début de l’époque romantique, et qui est l’une des plus belles pages de la musique mendelssohnienne pour piano. Cette interprétation au marimba en souligne les lignes mélodiques et les harmonies, le tout dans une douceur accentuée qui est propre au son du marimba. Enfin, le concert s’est terminé par quatre morceaux d’Igor Stravinsky, le Scherzo, le Tango, la Valse des fleurs et le Ragtime. Et dans ce répertoire, nous avons pu ressentir cette fois-ci toute la nature percussive et joyeuse du marimba. Un très beau concert avec des musiciens très talentueux, heureux d’être là, et qui se connaissent tellement bien qu’on ne sait pas toujours qui joue quoi, et c’est très bien comme ça ! J’attends personnellement avec impatience le disque qui comportera la romance sans parole op. 67 de Mendelssohn (et peut-être les autres ?).


Biographie d’Ivan Magrin-Chagnolleau