French

Éloge de l’artiste chercheur

Ivan Magrin-Chagnolleau

English version.


 Citer cet article

APA : Magrin-Chagnolleau, I. (2014). Éloge de l’artiste chercheur. p-e-r-f-o-r-m-a-n-c-e , 1 (1). http://p-e-r-f-o-r-m-a-n-c-e.org/?p=246&lang=fr

Chicago : Magrin-Chagnolleau, Ivan. « Éloge de l’artiste chercheur. » p-e-r-f-o-r-m-a-n-c-e 1, no. 1 (Automne 2014). http://p-e-r-f-o-r-m-a-n-c-e.org/?p=246&lang=fr

MLA : Magrin-Chagnolleau, Ivan. « Éloge de l’artiste chercheur. » p-e-r-f-o-r-m-a-n-c-e 1.1 (2014). http://p-e-r-f-o-r-m-a-n-c-e.org/?p=246&lang=fr


 Résumé

Dans cet article, je définis d’abord les termes artiste, chercheur, et artiste chercheur. Puis je donne quelques exemples d’artistes chercheurs : Léonard de Vinci, Constantin Stanislavski, Bertolt Brecht et Lee Strasberg. J’aborde enfin cette question de l’artiste chercheur à partir de ma propre expérience, et en particulier en tant qu’acteur et metteur en scène. Je montre ainsi tout l’intérêt qu’il y a à articuler une pratique artistique avec une recherche plus théorique sur cette pratique, et comment ces deux facettes, art et recherche, se nourrissent mutuellement et contribuent à une créativité épanouie et énactive.

Mots-clés

Artiste, chercheur, artiste chercheur, Léonard de Vinci, Constantin Stanislavski, Bertolt Brecht, Lee Strasberg, créativité, processus créatif, création, acteur, metteur en scène, énaction, création énactive, recherche énactive.


 1. Prologue

Je suis un artiste chercheur. Je suis bien sûr d’autres choses. Et en même temps, je ne suis aucune de ces choses-là. Mais si je revendique ici d’être un artiste chercheur, c’est que cela ne va pas de soi dans le milieu de la recherche académique française. Et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il semblerait qu’il n’est plus possible aujourd’hui de s’intéresser à la fois à l’art et aux sciences. Il n’y a pourtant pas si longtemps, cela allait de soi. D’autre part, nous sommes à une époque de surspécialisation du savoir. On demande à un chercheur de choisir une discipline et de s’y tenir. Cela permet de le ranger dans la bonne section, dans la bonne case. Cela est renforcé par la façon dont la recherche est structurée, en France notamment, au niveau des sections disciplinaires académiques. Je pense pourtant qu’une surspécialisation du savoir conduit à un appauvrissement intellectuel, ainsi qu’à un déclin de la créativité. Il n’y a pas si longtemps, il était courant d’avoir une activité de chercheur tout en pratiquant un art à un très haut niveau, voire un instrument de musique. Dans le milieu de l’art aussi, on demande souvent à un artiste de bien rentrer dans une case, surtout s’il a besoin de financements publics pour développer son travail. Je m’inscris contre ces pratiques de surspécialisation du savoir et des pratiques en recherche et en art, et je revendique d’être un artiste chercheur, et un artiste chercheur libre d’explorer ce qu’il a envie d’explorer, et j’en fais même pour moi une condition sine qua non pour une créativité épanouie et énactive.

2. Qu’est-ce qu’un artiste chercheur

Pour commencer, je voudrais préciser ce que j’entends par artiste chercheur.

2.1. Artiste

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un artiste ?

Le Grand Robert de la langue française donne plusieurs définitions pour le mot artiste. Un artiste peut d’abord être une « personne pratiquant un métier, une technique difficile ». Un artiste peut également être une « personne qui se voue à l’expression du beau, pratique les « beaux-arts », l’art ». Un artiste peut être le « créateur d’une œuvre d’art ; spécialement, celui ou celle qui se consacre aux arts plastiques ». La dernière définition que le Grand Robert donne pour le mot artiste est une « personne qui interprète une œuvre musicale, théâtrale ou cinématographique (par opposition à auteur, compositeur, écrivain) ».

Le Grand Robert propose également plusieurs citations pour éclairer ce concept d’artiste. Par exemple, cette citation de Théophile Gautier : « Tout artiste qui se propose autre chose que le beau n’est pas un artiste ». Ou encore cette citation de Flaubert dans ses correspondances : « Où est la limite de l’inspiration à la folie, de la stupidité à l’extase ? Ne faut-il pas pour être artiste voir tout d’une façon différente de celle des autres hommes ? »

La première chose qui ressort de toutes ces définitions est le fait qu’un artiste s’inscrit dans une pratique. Cette pratique peut être une pratique de création ou une pratique d’interprétation, mais dans les deux cas il s’agit d’une pratique artistique. Il y a donc dans les deux cas une expression, que cette expression soit en train d’être créée dans le moment ou bien que la chose exprimée le soit en référence à une œuvre qui a été créée préalablement.

D’après moi, un artiste est une personne qui s’exprime par le biais d’un médium artistique. Toute personne qui s’exprime par le biais d’un médium artistique est selon moi un artiste.

Qu’est-ce qu’un médium artistique ? C’est un médium qui, pour moi, permet d’exprimer quelque chose de ressenti intérieurement autrement que par le langage conventionnel. Mais un médium artistique peut aussi être utilisé pour communiquer quelque chose, et notamment quelque chose dans le domaine des émotions. Voici quelques exemples de médias artistiques : la peinture, la musique, la danse, le théâtre, la performance, la poésie, la littérature, la sculpture, l’opéra, la chanson, la photographie, le cinéma, la vidéo, etc. La littérature et la poésie utilisent le langage mais elles le font de manière non conventionnelle. Ce que j’entends par « autrement que le langage conventionnel » est lié à la limite intrinsèque du langage pour traduire l’expérience. Dans la mesure où le langage est une convention qui permet une communication entre deux êtres, il contient en lui-même une limite dans sa capacité à exprimer l’expérience. C’est un pis aller, qui est nécessaire, mais qui ne permet pas de tout exprimer. L’artiste va donc rechercher une autre façon d’exprimer son expérience, et en particulier ce qu’il ressent en lien avec son expérience. C’est pourquoi il utilise un autre médium que le langage, un médium artistique. Par conséquent, toute personne qui utilise un médium artistique, c’est-à-dire un autre médium que le langage conventionnel, pour partager son expérience et exprimer son ressenti intérieur est un artiste. Et je ne fais aucune distinction à ce niveau-là entre une pratique en tant qu’amateur et une pratique professionnelle.

2.2. Chercheur

Qu’est-ce qu’un chercheur ?

La première définition que nous donne le Grand Robert de la langue française est une définition toute simple : un chercheur est une « personne qui cherche (quelque chose) ». Le Grand Robert nous propose aussi la définition suivante : « personne qui se consacre à la recherche scientifique ». Il y aurait donc deux types de recherche, une recherche dite « scientifique » et une simple recherche, c’est-à-dire une recherche qui n’est pas scientifique. Qu’est-ce qui fait d’une recherche qu’elle est scientifique ? On pourrait proposer qu’une recherche est scientifique à partir du moment où elle suit les étapes de la méthode scientifique. Or la méthode scientifique, telle qu’elle a été proposée notamment par Descartes, ne s’applique pas telle quelle à tous les champs disciplinaires. On a vu, notamment en sciences humaines, de nouvelles méthodologies être proposées. On pourrait dire qu’une recherche est scientifique à partir du moment où quelqu’un se donne une méthode pour effectuer sa recherche, et s’efforce ensuite de suivre cette méthode.

Un chercheur est donc quelqu’un qui cherche, c’est-à-dire quelqu’un qui se pose des questions et qui cherche des réponses. Si l’on veut donner une définition un peu plus scientifique du chercheur, on dira que c’est quelqu’un qui formule une hypothèse et qui essaie ensuite de la valider ou de l’invalider, en se donnant pour cela une méthode. Toute personne qui se pose une question est un chercheur. Toute personne qui se pose une question part à la recherche de sa réponse. Il fait donc de la recherche. Et cette recherche sera scientifique à partir du moment où il se donnera une méthodologie de recherche rigoureuse.

2.3. Artiste chercheur

Il y a donc plusieurs façons d’envisager l’artiste chercheur. Un artiste chercheur peut être un artiste qui se pose des questions, c’est-à-dire quelqu’un qui s’exprime par le biais d’un médium artistique tout en cherchant des réponses à des questions. Cela peut être aussi quelqu’un qui cherche des réponses à des questions par le biais d’une expression artistique. Cela peut également être quelqu’un qui cherche des réponses à des questions, puis les exprime par le biais d’un médium artistique. Cela peut enfin être quelqu’un qui est artiste d’une part, c’est-à-dire qui s’exprime par le biais d’un médium artistique, et qui est chercheur d’autre part, c’est-à-dire qui cherche des réponses à des questions. Pour simplifier, disons qu’un artiste chercheur est une personne qui a une activité artistique et une activité de recherche. C’est cette définition la plus large que j’utiliserai dans la suite de mon article.

3. Quelques exemples d’artistes chercheurs
3.1. Léonard de Vinci

Le premier exemple qui me vient à l’esprit est celui de Léonard de Vinci (Vecce 1998). On connaît bien sûr son grand talent de peintre. On connaît également son enthousiasme et son génie à aligner des inventions en tout genre, par exemple l’hélicoptère, dont il n’est pas l’inventeur mais dont il a amélioré considérablement le prototype. C’était également quelqu’un qui était réputé pour sa capacité à organiser de grandes fêtes sublimes. Il était donc une sorte de metteur en scène de grandes fêtes somptueuses. Et ce ne sont que quelques exemples parmi toutes les différentes activités dans lesquelles Léonard de Vinci pouvait mettre son génie créateur à l’œuvre.

3.2. Constantin Stanislavski

Constantin Stanislavski est un exemple très intéressant d’artiste chercheur. En effet, il a démarré sa carrière en tant qu’acteur, puis il est devenu metteur en scène, puis il a beaucoup réfléchi à la formation de l’acteur, et il a finalement développé toute une théorie du jeu (Stanislavski, An Actor Prepares 1937) (Stanislavski, Building A Character 1950) (Stanislavski, Creating A Role 1961) (Stanislavski, My Life in Art 1948). Mais cette théorie du jeu repose entièrement sur son expérience d’acteur et de metteur en scène. C’est donc sa grande expérience artistique qui lui a permis de mener cette recherche sur le jeu de l’acteur, et de produire une méthode qui est encore une méthode de référence aujourd’hui. Il n’aurait pas pu écrire ce qu’il a écrit s’il n’avait été d’abord acteur et metteur en scène. Il s’agit ici d’expérience et non pas de qualité. Il se trouve que, dans le cas de Constantin Stanislavski, son expérience en tant qu’acteur et metteur en scène était aussi de qualité. C’est en tout cas ce que l’on sait d’après tous les témoignages qui ont été écrits à son sujet. Mais quand bien même il n’aurait pas été un très bon acteur ni un très bon metteur en scène, c’est avant tout le fait qu’il ait eu une expérience comme acteur et comme metteur en scène qui importe ici. C’est cette expérience importante qui lui a permis de théoriser le jeu de l’acteur et de proposer une réflexion d’une richesse incroyable sur ce que signifie incarner un personnage. Cette recherche a été d’ailleurs tellement pertinente, précisément parce qu’elle s’appuyait sur une pratique artistique intensive, qu’elle fait encore référence aujourd’hui. Les écrits de Constantin Stanislavski ont influencé plusieurs générations d’acteurs et de metteurs en scène, et continuent de les influencer aujourd’hui.

3.3. Bertolt Brecht

Bertolt Brecht est un autre exemple très intéressant d’artiste chercheur. Il a en effet été acteur, puis metteur en scène, avant de commencer à écrire comme théoricien sur le théâtre (Brecht 2000). Il est bien entendu connu davantage comme metteur en scène que comme acteur, ainsi que comme directeur artistique du Berliner Ensemble Theater, mais tous ses écrits théoriques reposent sur son expérience artistique. Il a davantage écrit sur la mise en scène que sur le jeu de l’acteur, ce qui est finalement assez cohérent avec le fait qu’il était surtout metteur en scène. Il était principalement préoccupé par la possibilité que l’art, et dans son cas le théâtre, puisse être un outil de changement social. Il a donc développé toute une théorie de la mise en scène comme outil pour rendre la participation du public la plus active possible, et induire ainsi un changement dans les mentalités. C’est ce qu’il a appelé la distanciation. Mais tout ce qu’il a développé au niveau théorique reposait essentiellement sur sa pratique de metteur en scène.

3.4. Lee Strasberg

Je terminerai par l’exemple de Lee Strasberg, qui est un acteur et metteur en scène de théâtre américain, ainsi qu’un grand théoricien du jeu de l’acteur. Lee Strasberg a rencontré Stanislavski lorsque ce dernier est venu à New York. Il a également fait partie de la grande aventure du Group Theater, dont il a été l’un des fondateurs (Clurman, The Fervent Years 1945). Après la seconde guerre mondiale, il a été contacté par Elia Kazan afin de devenir l’un des directeurs artistiques de l’Actors Studio. C’est surtout au sein de l’Actors Studio qu’il a pu expérimenter et développer sa théorie du jeu de l’acteur (Hethmon 1965) (Strasberg 1987) (Cohen 2010). Mais cette dernière est également issue de sa grande expérience en tant qu’acteur et metteur en scène de théâtre. Les deux sont inséparables. Sa recherche consistait, d’une part, en son propre travail d’acteur et de metteur en scène, d’autre part, en son expérimentation en tant que coach et directeur d’acteurs.

4. Ma propre expérience d’artiste chercheur

J’en viens maintenant à mon expérience d’artiste chercheur. Je pratique en effet plusieurs activités artistiques en lien avec le théâtre, le cinéma, la musique, la photographie et l’écriture. Par ailleurs, je fais de la recherche en esthétique et en philosophie de l’art. J’essaie donc de combiner ces activités afin qu’elles s’enrichissent mutuellement. Mon travail artistique me sert de terrain pour mes recherches, et mes recherches me permettent d’approfondir mon travail artistique. Il y a donc une osmose parfaite entre mes activités. Chacune d’elle impacte l’autre, dans un processus mutuel d’interaction et de feed-back nommé énaction par Francisco Varela (Varela, Thompson et Rosch 1991). Je pourrais donc dire que je fais de la création énactive, que ce soit en art ou en recherche.

4.1. Acteur

Je voudrais aborder deux exemples, parmi mes pratiques artistiques, qui illustrent ce va-et-vient entre activité artistique et recherche. Je commencerai par celui d’acteur. J’ai été d’abord formé à Lyon pendant deux ans par Élisabeth Saint-Blancat au théâtre des clochards célestes. Puis j’ai suivi pendant trois ans les cours de l’Actors Studio à New York. À la suite de cette formation, j’ai interprété à ce jour environ une quinzaine de rôles principaux au théâtre et au cinéma. En parallèle, j’ai lu de nombreux ouvrages sur la théorie du jeu de l’acteur et sur le travail du comédien (Stanislavski, An Actor Prepares 1937) (Stanislavski, Building A Character 1950) (Stanislavski, Creating A Role 1961) (Stanislavski, My Life in Art 1948) (Strasberg 1987) (Cohen 2010) etc. J’ai en outre coaché, formé et dirigé de nombreux comédiens. Et j’ai mené tout au long de ce travail une activité de réflexion et d’écriture pour formuler mes propres idées et concevoir mes propres exercices pour me développer comme comédien, et pour aider les autres à se développer comme comédiens. Je suis notamment en train de finaliser un livre sur la méthode de l’Actors Studio, qui me permet d’articuler les différents concepts qui composent cette méthode, fruit de mon expérience avec cette méthode, cet écrit me permettant à son tour d’aller encore plus loin dans ma pratique de cette méthode. C’est ce va-et-vient entre pratique artistique, recherche et enseignement qui me permet d’avancer dans ma compréhension du travail de l’acteur et donc de générer de la connaissance pour moi et pour les autres.

4.2. Metteur en scène

Cette même interaction existe dans mon travail de metteur en scène. J’ai également été formé à la mise en scène pendant mes trois années à l’Actors Studio. J’ai réalisé à ce jour une douzaine de mises en scène. J’ai également formé et coaché un certain nombre de metteurs en scène. J’ai lu de nombreux livres sur la mise en scène et le travail de metteur en scène (Clurman, On Directing 1972) (Vaughan 1992) (Brook, The Empty Space 1968) (Brook, The Shifting Point 1987) (Brook, The Open Door 1993) (Jones 1986) (Bartow 1988) (Féral 1997/1998) etc. Et en parallèle de toutes ces activités, j’ai cherché à formuler ma propre compréhension et ma propre pratique du travail de metteur en scène. Encore une fois, c’est cette interaction permanente entre toutes ces activités qui me permet d’avancer dans ma compréhension et dans ma pratique du travail de metteur en scène, et ainsi de générer de la connaissance pour moi et pour les autres. J’ai pu ainsi développer une approche de la mise en scène, qui comprend plusieurs étapes bien identifiées, cette approche me servant de guide à chaque mise en scène. C’est cette approche que je transmets à des stagiaires ou élèves metteurs en scène, et qui fera bientôt l’objet d’un livre et de quelques articles.

5. Épilogue

À travers cet article, j’ai essayé de montrer tout l’intérêt qu’il y avait à être à la fois un praticien et un théoricien dans des domaines comme l’esthétique et la philosophie de l’art. Je ne renie pas du tout le point de vue de certains chercheurs qui n’ont pas d’ancrage dans la pratique artistique et qui sont capables d’articuler des pensées très cohérentes et très utiles. Mais il est également nécessaire, à mon avis, d’entendre des points de vue théoriques émanant de praticiens. Et je pense même qu’il est très utile d’entendre des praticiens s’exprimer sur leur travail, même quand ils n’ont pas d’ancrage théorique avéré. Je prendrai même le risque de dire qu’un point de vue ancré dans une pratique s’avérera généralement plus utile, tout au moins hors d’une communauté composée d’une petite poignée de chercheurs spécialistes.

J’ai également voulu montrer l’intérêt qu’il y avait à s’intéresser à plusieurs domaines à la fois, et même aux frontières entre divers domaines. Je suis convaincu, et c’est mon expérience, que la créativité fleurit lorsqu’elle peut s’exprimer dans plusieurs directions à la fois.

Ces deux points de vue mériteraient d’être étayés davantage, et ils le seront très probablement dans de futures communications. Mais si par cet article j’ai déjà pu contribuer modestement à ce qu’il y ait une plus grande ouverture dans le milieu académique, moins de frontières entre les disciplines, et moins de frontières entre praticiens et théoricien, alors j’aurai accompli mon dessein.


Bibliographie

Bartow, Arthur. The Director’s Voice. New York: Theatre Communications Group, 1988.

Brecht, Bertolt. Écrits sur le théâtre. Gallimard (Pléiade), 2000.

Brook, Peter. The Empty Space. New York: Touchstone, 1968.

—. The Open Door. New York: Pantheon Books, 1993.

—. The Shifting Point. New York: Theatre Communications Group, 1987.

Clurman, Harold. On Directing. New York: Fireside, 1972.

—. The Fervent Years. New York: Da Capo Press, 1945.

Cohen, Lola. The Lee Strasberg Notes. New York: Routledge, 2010.

Féral, Josette. Mise en scène et jeu de l’acteur (Tomes 1 & 2). Montréal: Éditions Jeu, 1997/1998.

Hethmon, Robert H. Strasberg at the Actors Studio. New York: Theatre Communications Group, 1965.

Jones, David Richard. Great Directors at Work. University of California Press, 1986.

Stanislavski, Constantin. An Actor Prepares. Theatre Arts, Inc., 1937.

—. Building A Character. Max Reinhardt Ltd., 1950.

—. Creating A Role. Theatre Arts Books, 1961.

—. My Life in Art. Theatre Arts Books, 1948.

Strasberg, Lee. A Dream of Passion. New York: Plume, 1987.

Varela, Francisco J., Evan Thompson, et Eleanor Rosch. The Embodied Mind. MIT Press, 1991.

Vaughan, Stuart. Directing Plays. Longman, 1992.

Vecce, Carlo. Leonardo. Rome: Salerno, 1998.


Bio d’Ivan Magrin-Chagnolleau